Golda-Meir

“Golda Meir, Tzipi Livni, Ayelet Shaked, 3 Ministres: 3 Femmes controversées. »

“Golda Meir, Tzipi Livni, Ayelet Shaked,
3 Ministres: 3 Femmes controversées. »

Si les femmes ne se ressemblent pas elles ont en commun d’avoir toutes quelque chose en plus. Elles peuvent marquer, choquer, décevoir mais elles sont assez peu sur la scène pour entrer dans l’histoire.
Israël est un Etat démocratique qui se caractérise par sa diversité et sa modernité. Il n’y a pas de démocratie parfaite et ce qui fait une démocratie, c’est aussi ses failles. En effet, un domaine reste compliqué à conquérir: celui de la Parité. Pour exemple représentatif, le gouvernement de Benyamin Netanyahou ne comprend que 3 ministres femmes sur 19 ministres au total.
Les femmes ministres sont assez peu nombreuses pour être nommées.

Miri Reguev, Ministre de la Culture et du Sport.

Ayelet Shaked, Ministre de la Justice

Gila Gamliel, Ministre pour l’égalité sociale

Il est vrai que la discrimination positive n’est pas un souhait israélien et aucun féministe n’accepterait que l’on nomme des femmes à des fins de vitrine paritaire, surtout quand on a connu des femmes d’envergure. Ces femmes ont marqué la politique du pays et son histoire aussi bien par leurs réussites que par les controverses qu’elles ont engendrées.

Golda Meir, Tzipi Livni et Ayelet Shaked: trois femmes, trois ministres, trois caractères. Trois façons de faire.

Golda Meir, La conquérante,

Le 14 Mai 1948, une femme se trouve parmi 24 autres participants dans la villa du 16 Boulevard Rothschild au moment où Ben Gourion déclare la création de l’état d’Israël. Il s’agit de Golda Meir qui est connue de tous pour avoir été le premier Premier Ministre femme de l’Etat d’Israël en 1969. Elle qui a toujours lutté contre les cases que l’on voulait imposer à la femme devient presque le chef de guerre dont Israël a cruellement besoin.
Seulement, les guerres influencent l’opinion publique et certains israéliens lui reprochent de faiblir et de ne plus être aussi dure qu’à ses débuts, de ne plus être celle que Ben Gourion qualifiait de « seul homme de son cabinet ». Après la Guerre du Kippour, ses adversaires politiques l’attendent au tournant et mettent en avant sa sensibilité féminine comme si cela pouvait être une faiblesse.
Elle dira elle-même « qu’elle souffre avec chaque famille ayant perdu un de ses membres à la guerre ». Cependant, elle restera tout de même le porte-drapeau de la victoire de la Guerre des Six Jours.

Tzipi Livni, la Femme qui s’assume,

Relève d’Ariel Sharon, elle reprend le parti de Kadima, fébrile depuis le départ de ce dernier. C’est alors celle qui sort en tête des élections législatives israéliennes en 2009 mais ne devient pas pour autant Premier Ministre, n’arrivant pas à former une coalition face à Netanyahou. Ancien agent du Mossad et Ministre des Affaires étrangères, elle est une femme rebelle dans le paysage politique. Alors que certains lui reprochent de changer de parti à chaque élection et ainsi d’être indécise, elle y voit le moyen de toujours trouver la place qui lui permettra d’affirmer ses positions. Tzipi n’a jamais eu peur de mettre en avant sa féminité et de s’en servir. Dans une interview au Times, elle affirme qu’elle ne voit pas d’inconvénient à « recourir aux pratiques sexuelles dans l’intérêt d’Israël » afin de contrer les ennemis. Une femme qui connait ses atouts de femmes.
Elle soutient de nombreuses réformes face aux partis plus religieux comme l’ouverture des commerces et le maintien des transports le Chabat.

Ayelet Shaked, La femme qui n’a peur de rien,

Elle fait la Une des journaux du monde entier et est l’objet de toutes les rumeurs. On l’instrumentalise en partie afin de symboliser une droite jugée trop dure en Israël. Tous les journaux la prennent en grippe et la présentent comme l’extrême droite du gouvernement, le porte-parole, la potiche de Naftali Bennett. Néanmoins, elle se révèle une femme politique redoutable qui veut compter dans les décisions… elle sera surement celle à faire le plus polémique jusqu’à présent.
Tous les qualificatifs lui sont donnés « Dame de Fer d’Israël » par le Journal Libération, « La femme de poigne » selon le New Yorker. Ministre de la Justice et numéro 2 du parti בית יהודי, elle est la seule laïque d’un parti religieux et se prononce pour une politique pénale plus répressive. Elle est à l’origine de l’augmentation des peines pour les lanceurs de pierres et étend la conception de terrorisme afin d’élargir le champ d’application des lois anti terroristes.

Toutes ces femmes ont eu leurs manières de faire mais ont mis leur pierre à l’édifice. De Golda Meir à Ayelet Shaked, elles n’auront confirmé qu’un seul préjugé: celui de faire beaucoup de bruit.

Bibliographie :
Golda Meir « Une vie pour Israël »
Site : diplomatie.gouv.fr
Encyclopédie des femmes célèbres
Journal britannique Le « Times »
Journal « The Jérusalem Post »
Journal « Libération »
Journal Le New Yorker